Rigueur, fermeté, célérité : le parquet financier s’expliqueCréé il y a trois ans au lendemain du « scandale Cahuzac », le parquet national financier (PNF) s’est invité dans la campagne électorale en enquêtant sur François Fillon.

Une partie de bras de fer se joue à distance depuis plusieurs semaines entre le candidat François Fillon et la procureur national financier Eliane Houlette.

Moins de 24 heures après la publication de l’hebdomadaire satirique, le parquet national financier (PNF) annonçait l’ouverture d’une enquête préliminaire. La célérité, c’est pourtant, depuis sa création, l’une des marques de fabrique du PNF. Il a lancé des investigations sur des soupçons d’évasion fiscale dès la parution dans la presse des listings des « Panama Papers » ou des « Football leaks ». Paroles de Jean-Marc Toublanc, le secrétaire général du PNF «  Nous sommes très attachés à l’égalité de tous devant la loi. Dès que nous constatons des soupçons d’un délit qui relève de nos compétences, on se saisit de l’affaire quelle que soit l’importance, la sensibilité ou la couleur politique de la personne concernée. A plusieurs reprises, nous avons engagé très rapidement des enquêtes pour vérifier la réalité des faits présentés dans la presse. « 

 

Dès sa prise de fonctions, la procureur Eliane Houlette a fait savoir qu’elle réserverait à tous les justiciables le même traitement. Chez les délinquants en col blanc, déclarait-elle, « le sentiment d’impunité ne doit plus exister ». Un avis partagé par son adjointe, Ulrika Delaunay-Weiss :

On entend l’exaspération de nos concitoyens face à ce qu’ils perçoivent comme des injustices. Je pense que 99,9 % de nos concitoyens respectent la loi, n’ont ni de compte bancaire à l’étranger, ni de compte offshore. Il y a une exaspération vis-à-vis de ceux qui ont les moyens de respecter la loi et qui pourtant ne la respectent pas.

C’est aussi la philosophie de l’office central de lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) créé en même temps que le PNF il y a trois ans. C’est à ce service de la police judiciaire que le parquet a confié la très sensible affaire Fillon. Le directeur de l'OCLCIFF, Thomas de Ricolfis, explique : C’est la première campagne présidentielle qu’affronte l’office. On s’était préparé mentalement à ce que des affaires sortent de cette période un peu délicate. Mais entre se préparer et recevoir une enquête, c’est autre chose… Le PNF et l’OCLCIFF sont tous les deux nés du même scandale : l’affaire Cahuzac. En 2013, après des mois de dénégations à la suite des révélations de Mediapart, le ministre du Budget chargé de la lutte contre la fraude fiscale a fini par reconnaître qu’il cachait une partie de son argent à l’étranger. Face au scandale, François Hollande a annoncé une série de mesure pour moraliser la vie publique, Le parquet national financier, revendique une très grande liberté d’action, il a pu enquêter :

L’office anticorruption lui aussi gère des dossiers explosifs :

https://www.franceculture.fr/droit-justice/rigueur-fermete-celerite-le-parquet-financier-sexplique#xtor=EPR-2-[LaLettre24022017]